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Pourquoi demander un report de la fermeture de la truite ?

Pourquoi demander un report de la fermeture de la truite ?

Cette année, la fermeture de la pêche des salmonidés doit avoir lieu le 1er dimanche d’octobre. Mais pourquoi donc une fermeture plus tardive à l’heure où l’on prône une protection des milieux et des espèces les peuplant ?

Cette demande intervient dans le cadre des observations réalisées par la fédération et ses AAPPMA, de par leurs rôles de développement du loisir pêche et de la protection des milieux aquatiques, d’une montaison et d’une reproduction de plus en plus tardive des populations de truite commune… probablement lié au réchauffement climatique.

Les motifs climatiques :

Les données issues des observations de terrain sont corroborées par les données météorologiques et climatiques collectées par la FDAAPPMA dans le cadre de son étude sur l’impact du réchauffement climatique sur les populations piscicoles des Alpes de Hautes-Provence.

La reproduction de la truite commune est directement influencée par trois grands facteurs : la photopériode, la température et l’hydrologie. Ce sont ces deux derniers facteurs qui ont considérablement évolué lors des quatre dernières décennies.

La Fédération de Pêche a collecté des données sur la période 1981-2017 sur différentes stations météo dont Château Arnoux Saint Auban qui présente la série de données la plus complète sur la période précitée.

L’ensemble des stations météorologiques montrent la même tendance à un réchauffement climatique de l’ordre de 1,2 °C sur la période précitée (et un réchauffement de l’ordre de 1,9 °C si on prend la période 1976-2018).

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Les stations montrent des tendances différentes en matière de pluviométrie puis ce que les stations de plaine (Château Arnoux Saint Auban, Aix les milles et Carpentras) présentent une pluviométrie annuelle qui a peu évolué tandis que les stations de montagne (Embrun, Lus la-Croix-Haute et Briançon) ont vu diminué la pluviométrie annuelle de l’ordre de 130 mm (environ 15 %). Cependant, les changements pluviométriques à l’échelle saisonnière sont sensiblement les mêmes avec une baisse de pluviométrie automnale accompagnée d’épisodes pluviométriques de plus en plus tardifs.

La baisse de pluviométrie estivale et l’augmentation de la température sur la même période amènent les cours d’eau à avoir une forte augmentation de leur température et à sortir de la plage thermique préférentielle (optimum ou préférendum thermique) de la truite commune sur une durée plus longue (inférieure à 19 °C à l’échelle de quelques heures et inférieure à 17 °C sur les moyennes journalières). Les truites s’alimentent peu. Ça peut expliquer un retard sur la vitellogenèse chez les femelles (constitution de réserve ovocytaire). Une reprise complète de l’activité alimentaire s’effectue en septembre.

Ces changements de température peuvent expliquer également que ce retard de la reproduction ne se retrouve pas sur l’éclosion et l’émergence des truitelles : la température d’incubation des œufs fécondés est l’élément majeur de leur bon développement. Cette incubation est calculée en nombre de degrés/jours soit 400 °C/jours pour la truite commune (ex. : 40 jours à 10 °C ou 80 jours à 5°C). Pendant la période d’incubation (janvier à avril), la température moyenne a augmenté de l’ordre de 1,8 °C ce qui a raccourci la période située entre la reproduction et l’éclosion des juvéniles.

Par ailleurs, la reproduction de la truite est dépendante d’une hydrologie à la hausse pour permettre aux géniteurs d’effectuer leur montaison vers les zones de frayères. La montaison s’effectue à la faveur de « coups d’eau » suffisamment durables et importants principalement à partir du mois de septembre jusqu’en novembre.

Or, les données météorologiques des stations de montagne comme de plaine, déjà citées plus haut, montrent la même tendance à un affaiblissement de la pluviométrie au début de la période de montaison (fin août-début septembre) et un décalage de la majorité des précipitations de l’ordre d’un mois. Le mois de septembre qui voyait la plus grosse part de pluviométrie il y a 30 ans (40 % de la pluviométrie contre 30 % tant pour octobre et novembre) est désormais déficitaire et ne représente que 22 % de la pluviométrie sur les trois mois de montaison tandis que le mois ayant la part de pluviométrie la plus importante est le mois de novembre avec 41 % de la part pluviométrique.

A l’analyse plus fine des dates de coups d’eau significatifs (> 20 mm), on constate également que les précipitations nécessaires interviennent statistiquement plus tardivement avec un décalage de l’ordre d’un mois (du 12 septembre au 12 octobre).

L’analyse des données météorologiques concorde avec les observations de truites actives sur frayère de plus en plus tardivement. Ce décalage est de l’ordre d’un mois à un mois et demi, car les frayères sont observées à partir du 15 décembre contre la première quinzaine de novembre il y a trente ans.

Compte tenu que l’objectif de la réglementation est la protection des géniteurs lors de la reproduction, une fermeture retardée de quinze jours ne doit pas avoir d’impact sur une reproduction décalée de plus d’un mois.

Les motifs halieutiques :

Cette demande issue, des remontées des pêcheurs bas alpins, a également pour objectif d’harmoniser les dates de fermeture entre les Hautes Alpes et les Alpes de Haute-Provence et de favoriser le développement du loisir pêche au sein du département.

La fermeture de la pêche des salmonidés et de la pêche dans les cours d’eau de 1re catégorie piscicole a lieu le 1er dimanche d’octobre (comme l’ensemble des départements des Alpes du Nord).

La part de linéaire de cours d’eau mitoyens des Alpes de Haute Provence la plus importante se situe au nord du département avec le territoire des Hautes Alpes. Les cours d’eau concernés sont le Buëch aval, la Blanche aval et la moyenne Durance sans compter les petits affluents.

Le linéaire commun avec les Hautes Alpes représente 56 km soit et 54,7% des cours d’eau mitoyens des Alpes de Haute-Provence. Le linéaire en commun avec le Var correspond à 29,4% du linéaire mitoyen des Alpes de Haute Provence dont le Verdon est le principal contributeur, viennent ensuite les Alpes Maritimes et le Vaucluse avec respectivement 8,1% et 7,8% du linéaire mitoyen.

La part de linéaire en commun avec les Hautes Alpes est donc l’un des motifs de cette demande et permettra d’harmoniser la réglementation avec le département ayant le plus de linéaire en commun. Par ailleurs, la Fédération du Var pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique a émis un avis favorable lors de notre 1re demande.

Concernant l’éventuelle pression de pêche que cette demande pourrait générer, il convient de rappeler que les pêcheurs bas alpins sont environ 9000 en 2018 contre 15 000 au début des années 90. De manière générale en France, le nombre de pêcheurs est passé de 2 300 000 adhérents au début des années 90 à 1 500 000 en 2018.

Il parait peu probable que cette demande génère un recrutement massif de pêcheurs et une pression de pêche que nos milieux aquatiques ne sauraient supporter.

La fédération des Hautes Alpes, seule à proposer une fermeture retardée dans la région PACA, a vu une évolution du nombre de pêcheurs tout à fait comparable à celle des Alpes de Haute-Provence.

Enfin, pour des raisons de sécurité et en accord avec EDF, en réponse aux lâchers d’eau plus conséquents à partir de fin septembre début octobre, le moyen Verdon et ses affluents, entre le pied du barrage de Chaudanne et la limite des hautes eaux de la retenue de Sainte-Croix, ne rentrent pas dans le cadre de cette nouvelle réglementation. La pêche des salmonidés sur ce tronçon n’évolue pas et reste au 3e dimanche de septembre.